Cours de Yoga en commente et en couperais

La respiration

Dans le Hatha Yoga, les postures ou « asanas », révèlent nos déséquilibres et les lieux obscurs en soi. Sortir de cette « friche intérieure », de cette confusion, passe par un processus de transformation où les couples d’opposés, les « Dvendvas », retrouvent leur juste place et un équilibre dynamique. Un espace disponible s’ouvre alors, où peut danser la vie.

Introduction à la respiration

Une relation entre un premier couple d’opposés, intérieur et extérieur.

L’expiration, un don, un lâcher-prise, une petite mort… 

L’inspiration, une absorption, un engagement, une naissance.

Nous respirons sans en avoir conscience près de 15 000 fois par jour (18 cycles en moyenne par minute pour un adulte), le système nerveux autonome s’en charge sans que nous ayons à nous en soucier.

La pratique du Hatha Yoga nous propose de respirer consciemment. Lorsque l’attention est posée sur la respiration dans un mouvement ou une posture, l’état de Yoga est là, découlant de l’union et de l’harmonisation du corps, du souffle et du mental.

Les postures ou asanas ont pour objet de libérer le diaphragme du milieu thoracique, afin de permettre au mieux les échanges et la circulation énergétique dans tous le corps, et notamment, entre le plancher pelvien, centre racine relié à la terre, et le sommet du crâne, centre spirituel relié au cosmos.

Les émotions négatives, les tentions s’incrustent au niveau du plexus solaire sur ce muscle qu’est le diaphragme. Nous nous plaignons alors d’avoir le souffle court, voir le « souffle coupé ». Au fil du temps, si nous ne faisons pas le ménage, le diaphragme perd la majeure partie de sa mobilité, d’où le sentiment d’être essoufflé(e), de ne plus savoir respirer.

Comment redonner de la souplesse à notre diaphragme ?

Regardons de plus près le déroulement d’une respiration ou d’un cycle respiratoire

Quatre phases par cycle respiratoire

1/L’expiration

Pourquoi commencer par l’expiration, cela ne parait vraiment pas logique pour vous j’imagine…

Notre premier souffle n’est-il pas une expiration, le cri primal ?

Aussi, « Rempliriez-vous une jarre d’eau pure si elle contenait de l’eau croupie ? »

Ainsi pour pourriez mesurer l’importance de l’expiration.

La majeure partie des personnes, quand on leur demande de respirer profondément, vont forcer leur inspiration et gonfler leur cage. Notre représentation de la respiration, c’est cela. Si elles prenaient le temps d’expirer complètement en premier lieu, elles pourraient inspirer aisément un bien plus grand volume d’air…Je reviendrai sur le volume d’air plus loin.

Pour retrouver cette qualité d’expiration, il semble important de mobiliser activement les muscles expiratoires afin de les rééduquer.

Lorsque l’expiration est consciente, les yogis l’appellent APANA. Elle devient un « VAYU », c’est-à-dire un vent, un souffle (5 majeurs sont détaillés plus bas) que le pratiquant va accompagner afin qu’il soit actif de manière optimale. Expulser l’air chargé des gaz carboniques, des toxines physiques, mentales et émotionnelles afin de dégager la voie à l’inspiration.

Dans l’école de TKV Désikachar (enseignant indien à l’origine de la fédération de l’IFY), mais on peut retrouver cet enseignement ailleurs, l’expiration est amenée à monter du plancher pelvien vers la tête. Pourtant Apana Vayu est décrit dans les textes comme un souffle qui descend : (Défécation, miction, règles, accouchement…).

Pourtant, anatomiquement parlant, lorsque la cage se resserre à l’expiration pour retrouver son volume naturel, le diaphragme accroché aux côtes se détend et remonte. Les quatre diaphragmes (pelvien, milieu du thorax, haut du thorax et à l’occiput) fonctionnant ensembles, ils montent tous à l’expiration.

Dans une respiration sans entraves, le buste entier, la tête, le corps dans sa totalité jusqu’aux orteils « respire ».

2/La suspension poumons vides

A la fin de l’expiration et avant que l’inspiration commence, il y a un temps suspendu, où rien ne semble se passer, nous n’y prêtons pas attention d’ordinaire. Cet instant n’a pas échappé aux Yogis, bien au contraire, qui l’ont perçu comme un moment privilégié d’intégration du prâna. Ils ont développé des techniques qui, par un entraînement progressif, leur permettent de prolonger ce temps de suspension pour intégrer et guider l’énergie dans des lieux choisis du corps.

Ces temps suspendus, comme immobiles, évoquent la vacuité, le silence, le « hors du temps ».

Sous cette apparente immobilité, une transmutation subtile s’opère, un basculement de quelque-chose qui s’achève pour laisser place à des prémices.

3/L’inspiration

Autres couples d’opposés, vide et plein, haut et bas.

Suite à l’expiration complète, puis du temps suspendu propice au renversement, l’inspiration advient.  Tel un seigneur, l’inspiration investit la place préparée pour le recevoir, en descendant de la tête vers le bassin, véhiculant l’oxygène, l’énergie vitale.

Le thorax se dilate, les alvéoles des poumons se remplissent, les côtes se soulèvent et le diaphragme se contracte et descends, repoussant les organes de l’abdomen vers le bas. On parle de respiration ventrale, lorsque le diaphragme repousse suffisamment les organes et que le ventre se gonfle.

Ne pensez pas que ce soit la respiration idéale, car lorsque le ventre se gonfle les organes sont poussés en bas et vers l’avant. Par contre, si les muscles abdominaux restent toniques, il y a tout un système de compression qui vitalise les organes et stimule la circulation du sang et de la lymphe.

A chaque cycle de respiration, l’inspiration repousse le bassin de la tête, et chaque expiration éloigne la tête du bassin.

Un espace s’agrandit donc entre ces deux pôles.

Le pratiquant construit sa « jarre ». Peu à peu, cet espace intérieur du buste désencombré, est à même de devenir un réceptacle pour contenir, absorber et diffuser l’énergie vitale de l’air.

Dans la pratique du Yoga, l’inspiration consciente est appelée « PRÂNA ». C’est un « VAYU » également, ses propriétés sont celles de l’absorption. Les postures ouvrent des lieux dans le corps qui, dégagés avec l’expiration, sont prêts à recevoir le souffle.

Il est temps de parler de volume. Ce n’est pas le volume d’air inhalé qui importe dans ce processus, mais la conscience qui l’accompagne.

La qualité de la respiration est dans la présence à celle-ci.

Le va et vient du souffle peut être extrêmement ténu, il n’en est pas moins puissant s’il se déroule dans l‘acuité de la présence du pratiquant.

Les yogis ont observé que plus le souffle est subtil, plus la vitalité est préservée.

4/La suspension poumons pleins

Lorsqu’au therme de l’inspiration le corps se prépare à expirer, à nouveau survient un temps hors du temps. Un moment suspendu dans la plénitude des poumons, dans l’apport du souffle nouveau. Ce temp là également est, pour les yogis, l’objet d’entraînement afin de l’étendre et permettre à l’oxygène d’être plus amplement capté.

Ainsi, le yogi emplit sa jarre, ce qui vitalise le corps dans sa globalité.

Nous avons parlé de la respiration, les techniques avancées de Pranayama n’étant pas à aborder avant d’avoir dégagé son corps des toxines enkystées et retrouvé mobilité et fluidité des diaphragmes. Ce travail est, comme dit plus haut, le propos de la pratique des postures et de la respiration consciente.

 

Pour continuer sur le sujet consultez l’article sur le souffle ici.

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